Ensemble des techniques qui dans l’audiovisuel permet de donner une impression de mouvement à des dessins, des marionnettes, des objets et du matériel en tout genre, y compris aux êtres humains.
Parmi les pionniers de l’animation, on retrouve James Stuart Blackton, avec son court métrage d’animation The Enchanted Drawing (1900), Segundo de Chomón, qui donne vie à des objets et des acteurs dans Hôtel électrique (1908), et Émile Cohl, avec son dessin animé Fantasmagorie (1908).
Une bonne partie des films d’animation produits selon les techniques du dessin animé ou de l’animation tridimensionnelle est associée au genre du cinéma de fantasy et porte sur la magie, le surnaturel ou la transformation psychologique ou physique en un être meilleur
La majorité de la production d’animation dans le dessin animé et l’animation 3D est liée au genre du fantastique blanc (la magie, le surnaturel, le pouvoir de l’homme, la transformation psychologique ou physique en une meilleure personne, le bien), comme dans les œuvres de Disney, telles que Les Aventures de Peter Pan (1953), réalisé par Hamilton Luske, Clyde Geronimi et Wilfred Jackson, qui raconte l’histoire de l’enfant volant qui refuse de grandir, ou dans celles de Pixar, telles que Là-haut (2009), de Pete Docter, qui suit l’aventure dans la jungle d’un veuf octogénaire qui souhaite tenir la promesse qu’il a faite à sa femme défunte. Certaines productions d’animation sont toutefois orientées vers le fantastique obscur (le pouvoir destructif de l’homme, le mal), comme dans quelques pièces de Jan Švankmajer, telles que Les Possibilités du dialogue (1983), ou encore dans différents mangas. Elles peuvent aussi être tournées vers des styles indépendants, comme dans les œuvres d’humour noir et de poésie de Bill Plympton, telles que le long métrage Des idiots et des anges (2008), avant-gardistes, comme Rhythmus 21 (1923) de Hans Richter et Symphonie diagonale (1924) de Viking Eggeling, ou expérimentaux, comme les courts métrages abstraits Caprice en couleurs (1949) de Norman McLaren ou The Dante Quartet (1987) de Stan Brakhage.
Là-haut
Up | PIXAR / Pete Docter, 2009, États-Unis
Carl Fredricksen est un vendeur de ballons à la retraite qui, à 78 ans, décide de tout lâcher pour partir réaliser le rêve qu’il partageait avec sa femme défunte : voyager en ballon jusqu’aux chutes du Paradis en Amérique du Sud. Harcelé par les spéculateurs et sur le point d’être cloîtré en maison de retraite, Carl le misanthrope fera de sa vieille maison un fantastique vaisseau propulsé par des ballons et abandonnera la ville déshumanisée en sillonnant les cieux à la recherche de son eldorado particulier. Mais, une fois dans les airs, il découvre que ce qui pourrait être son pire cauchemar est à bord avec lui : Russell, un jeune scout intrépide de 8 ans, incroyablement ingénu et maladroit, mais empli d’un optimisme inébranlable.
Nous avons tendance à nous souvenir d'avantage des choses qui provoquent en nous des émotions. Si un chien vous a mordu à l’âge de 3 ans, vous vous en souviendrez probablement pendant toute votre vie. Mais vous ne vous souvenez peut-être plus de l’endroit où vous avez laissé vos clés le jour d’avant. Je voudrais que le public se souvienne de mes films pour toujours
Pixar
(1986)
Fruit d’une collaboration heureuse entre John Lasseter (créateur principal), Ed Catmull (ingénieur d’exception) et Steve Jobs (entrepreneur visionnaire), Pixar Animation Studios, couramment appelée Pixar, est à ce jour la société d’animation la plus prestigieuse au monde. Ayant son siège social à Emeryville, en Californie, l’entreprise est officiellement fondée en 1986, lorsque Jobs, déçu du chemin que prenait Apple, la marque qu’il avait lui-même créée et qui désormais se dispensait simplement de ses services, achète à George Lucas pour cinq millions de dollars un petit département informatique de sa toute-puissante société Industrial Light & Magic. Cet accord donne lieu à trois courts métrages créés exclusivement sur ordinateur et qui changeront à jamais le destin du secteur : Luxo Jr. (1986), avec la petite lampe devenue le logo de la compagnie, le mélancolique Red’s Dream (1987) et Tin Toy (1988), qui remporte un Oscar et qui donne naissance à travers Disney à Toy Story (1995), le premier long métrage de Pixar et le premier film d’animation exclusivement réalisé à partir de la technologie numérique. Le film récolte plus de 361 millions de dollars dans le monde entier et devient le fer de lance d’un innovant modèle de production, de créativité et de développement technologique permettant à des artistes alors émergents tels qu’Andrew Stanton, Pete Docter, Joe Ranft, Brad Bird ou même Lasseter d’exploiter tout leur talent. Depuis, la société a produit 17 films de prestige (tous accompagnés par leur court métrage correspondant et généralement oscarisé), parmi lesquels se distinguent les grands titres de l’animation contemporaine tels que 1001 pattes (1998), Monstres et Cie (2001), Les Indestructibles (2004), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Toy Story 3 (2010) ou Vice Versa (2015). En janvier 2006, l’entreprise est rachetée 7,4 milliards de dollars par The Walt Disney Company. Juste un mois avant, le 14 décembre 2005, le Museum of Modern Art de New York avait inauguré Pixar, 20 ans d’animation, la première exposition externe du travail original du studio. Fin 2015, les films Pixar avaient déjà généré plus de 9,3 milliards de dollars à l’échelle mondiale, avec des recettes moyennes de 623 millions de dollars par film, et remporté 16 Oscars, 8 Golden Globes et 11 Grammy. Le 6 septembre 2009, Lasseter, Bird, Docter, Stanton et Unkrich reçoivent le Lion d’or de Venise pour l’ensemble de leur carrière, une récompense honorifique que leur remet Georges Lucas en personne.