Objectif à distance focale variable permettant de rapprocher ou d’éloigner l’image à volonté sans changer la position de la caméra. Le terme zoom provient du modèle créé par l’Allemand Frank G. Back en 1959, pour des appareils de 35 mm, qui se répand à partir des années 70, bien qu’il existe d’autres antécédents historiques de ce type d’objectif, notamment celui du cinéaste espagnol José Valdelomar (1904-1982), qui brevette en 1928 un objectif à distance focale variable présentant les mêmes caractéristiques que le zoom pour, selon ses propres termes, « pénétrer dans l’âme de l’être humain».
Le terme zoom provient du modèle créé par le ressortissant allemand Frank G. Back en 1959 pour les appareils photographiques 35mm et est devenu populaire à partir des années soixante
Au début de Mort à Venise (Morte a Venezia, 1971) de Luchino Visconti, un zoom rapproche l’image de Gustav von Aschenbach, assis dans le Vaporetto, en passant d’un plan général à un plan moyen. La combinaison du travelling avec le zoom, appelée travelling compensé (travelling avant et zoom arrière ou vice versa), donne la sensation de se rapprocher de quelque chose ou de quelqu’un qui reste immobile tandis que le fond s’éloigne de nous, ou l’inverse, une technique qui reflète des visions altérées de la réalité, utilisée pour la première fois dans Sueurs froides (1958) d’Alfred Hitchcock, puis dans de nombreux projets par la suite, comme le clip Thriller (1983) de Michael Jackson, réalisé par John Landis. Généralement obtenu par un trucage, le zoom « coup de poing » permet de se rapprocher très rapidement, comme au début du film Cours, Lola, cours (Lola rennt, 1998) de Tom Tykwer, avec un passage d’un plan aérien de la ville de Berlin jusqu’à un téléphone rouge.
The Kubrick zoom
Ce projet inclut des fragments d’Orange mécanique (A clockwork orange, 1971), de Barry Lyndon (1975), de Shining (1980) et de Full metal jacket (1987).
Si ça peut être écrit ou pensé, ça peut être filmé
Stanley Kubrick
(1928-1999)
Considéré comme l’un des cinéastes les plus influents du 20e siècle, Kubrick se distingue aussi bien pour sa précision technique presque obsessionnelle que pour la grande stylisation et le symbolisme marqué de ses films. Réalisateur, scénariste et producteur, Stanley Kubrick est né le 26 juillet 1928 à New York. Mauvais élève pendant son enfance, ses parents cherchent à le motiver en l’envoyant à Pasadena (Californie) chez son oncle maternel, Martin Perverler, qui jouera un rôle essentiel dans sa carrière cinématographique en l’aidant à financer ses premiers projets filmiques. Kubrick s’intéresse principalement au cinéma, à la lecture, aux échecs et à la photographie, un loisir qui lui permet de décrocher son premier contrat professionnel auprès du magazine Look. Il se lance dans la réalisation cinématographique avec une série de documentaires tournés au début des années 50. Son premier long métrage est Fear and Desire (1953), un drame de guerre à petit budget qui sera suivi par Le Baiser du tueur (1955), encore moins cher, un récit noir clairement inspiré du pulp. Son premier grand film sera L’Ultime razzia (1956), une production indépendante nettement influencée par les films de Fritz Lang, John Huston, Samuel Fuller et Akira Kurosawa. À partir de là, tous ses films seront considérés comme d’authentiques œuvres au sommet de chacun des genres qu’il touche : le film de guerre avec Les Sentiers de la gloire (1957), le péplum avec Spartacus (1960), l’adaptation littéraire avec Lolita (1962), le satyre politique avec Docteur Folamour (1964), la science-fiction avec 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), le drame d’époque avec Barry Lyndon (1975) ou le film d’horreur avec Shining (1980). L’énorme influence de son héritage est toujours présente aujourd’hui de façon formelle, technique et même conceptuelle, dans les œuvres de cinéastes de renom comme Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Christopher Nolan, Wes Anderson, Darren Aronofsky, Gaspar Noé, les frères Coen, Paul Thomas Anderson ou encore Jonathan Glazer.