Figure de style qui consiste à omettre des parties du récit jugées non indispensables pour sa compréhension. L’ellipse est tellement naturelle dans le discours narratif cinématographique que seul le plan-séquence, qui reproduit le temps réel, inhibe son existence. Chaque passage d’une séquence à l’autre, et même chaque transition par coupe, est susceptible de contenir une ellipse.
L’ellipse est propre au discours narratif cinématographique jusqu’à un tel point qu’elle est toujours présente, sauf dans le plan-séquence reproduisant le temps réel
Les ellipses se manifestent souvent par des transitions dans lesquelles la similitude ou le contraste des formes ou des mouvements embellissent la rhétorique. Par exemple, dans 2001, l’Odyssée de l’espace (2001: A Space Odissey, 1968) de Stanley Kubrick, la transition dans la continuité du mouvement de l’os d’un singe qui tombe et se transforme au moyen d’une coupe en une navette spatiale qui descend constitue une ellipse de centaines de milliers d’années. Dans Citizen Kane (1942) d’Orson Welles, la séquence des petits déjeuners des Kane présente des ellipses dans un même décor, la table du petit déjeuner, à travers de courtes séquences allant d’un moment heureux à un moment malheureux, reliées par la technique du balayage. The Tree of Life : L’Arbre de vie (The Tree of Life, 2011) de Terrence Malick se caractérise par d’importantes ellipses en plaçant la narration dans un schéma discontinu, du présent d’un architecte d’âge moyen à son enfance dans les années 50, avec des incursions d’épisodes séquentielles sur l’origine de la vie dans l’univers.
The tree of life: L'arbre de vie
Terrence Malick, 2011, EE.UU.
The Tree of Life : L’Arbre de vie est un hymne à l’existence en quête de réponses aux questions les plus troublantes, personnelles et humaines, à travers un tourbillon d’images chargées de spiritualité et de beauté qui, d’un point de vue éminemment panthéiste, nous conduira de la petitesse à la grandeur, du pied d’un bébé à l’origine même de l’univers. Le film tourne autour d’une famille d’un petit village du Texas dans les années 50 et suit la vie du fils aîné, Jack (Sean Penn), de l’innocence de son enfance à la désillusion de sa maturité en passant par le point de non-retour marqué par la mort de l’un de ses frères. Jack se souvient de la douceur de sa mère (Jessica Chastain) et cherchera à se réconcilier avec le souvenir de son père trop sévère (Brad Pitt). Le film reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes 2011.